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Rencontre avec Tiff In Lyon : comment switcher vers le zero dechet

Chaque année en France, un habitant produit environ 354 Kg de déchets par an.

Oui c'est énorme. 

Pour aborder ce sujet des déchets tout en continuant notre série d'interviews, nous sommes partis en expédition (via skype) pour rencontrer Tiphaine de Tiff In Lyon afin qu’elle nous en dise un peu plus sur son aventure zéro déchet ! De sa prise de conscience jusqu'au changement de son mode de vie, Tiphaine nous dit tout sur le zero dechet. 🚯

Peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Je suis une expatriée ayant grandi à l’étranger. Grâce à mes parents, j’ai vite été sensibilisée à l’écologie en ayant accès à des pays préservés du tourisme de masse et encore authentiques. 

Ma dernière expérience à l'étranger était à Singapour, je suis rentrée à Lyon en 2013 et c'est à ce même moment que j'ai décidé de lancer mon blog qui initialement servait à repérer des bons plans sur Lyon comme les galeries d’exposition ou certains concepts stores. 

Puis je suis tombée dans le zéro déchet grâce à une blogueuse de New York City. 🗽

Aujourd’hui je suis maman, mais surtout entrepreneure et blogueuse zero déchet ainsi que coach zéro déchet depuis 3 ans. J’effectue des interventions d’une heure en entreprise pour apprendre aux gens à mieux consommer. 

Intervention de Tiphaine lors du festival The Greener Good

Quel a été ton déclic écologique ?

J’ai toujours été très sensible au sur-emballage et à la sur-consommation. 

Lorsque j’ai vécu à Singapour, j’ai pu vivre un phénomène nommé le Haze. Deux fois par an, la forêt primaire est brûlée 🔥 pour ensuite y planter des palmiers et en récolter l’huile de palme. Le phénomène est si intense et polluant que tout le monde porte un masque, les écoles sont fermées et les personnes âgées cloîtrées chez elles. 

Et là je me suis demandé : pourquoi personne n’agit ?

Le Haze à Singapour

Aperçu de l’impact du Haze à Singapour 

À partir de là, j’ai commencé à éviter l’huile de palme, à lire les étiquettes et à me renseigner sur la provenance de ce que je pouvais acheter. 

Ensuite, en 2013, j’ai découvert « Trash is for Tossers », un blog d’une habitante de New York ayant environ le même âge que moi qui, étant citadine, avait pourtant réussi à ne générer qu'un petit bocal de déchets par an. Je me suis interrogée, intéressée puis lancée. Faire un blog zero déchet sur Lyon m’a alors paru comme une évidence. 

Au début, je me suis dit qu’il serait intéressant de traduire les différents conseils donnés sur ce site puis, peu à peu, je me suis mise à créer et raconter ma propre histoire. 📖

Zero déchet… Vraiment ?

Franchement ouais !

Sauf peut-être à la naissance du bébé. Les premiers mois, j’ai dû faire des concessions par manque de temps (et de sommeil). À partir de ses 3-4 mois, j’ai commencé les couches lavables. Pour les irritations, j’utilise de l’argile blanche par exemple. Pour ses vêtements, je les ai récupérés auprès de ma famille. Je privilégie les jouets en bois ou certains d’occasion en plastique (au cas où bébé choisirait de le laisser tomber sur sa tête…)

Nous avons peu à peu pris des habitudes qui font que notre fils n’est pas source de déchets. 

Vous ne trouverez aucun plastique dans ma salle de bain et j’achète en vrac pour la cuisine. 

Il est évident que je me laisse parfois la liberté d’acheter certaines choses emballées mais j'évite au maximum.

Où trouves-tu tous tes petits « tips » de vie quotidienne ?

Au début, je me suis mise à fond dans les astuces de grands-mères. Utiliser le moins de produits possibles par exemple. Puis j’ai découvert des blogs notamment :

Ils m’ont permis de me rendre compte que vivre ainsi n’était pas forcément plus cher. La preuve : j’étais au chômage avec des revenus réduits lorsque j’ai commencé l’aventure zero dechet. 🚯

Après avoir découvert beaucoup de choses, j’ai fini par apprendre de mes propres expériences. Je sais maintenant que je préfère utiliser de la lessive en poudre. Voici ma recette favorite :

  • 1 bouchon de percarbonate de soude
  • 1 bouchon de bicarbonate de soude
  • 2 cuillères de cristaux de soude
  • Quelques gouttes d’huile essentielle de Tea-Tree et le tour est joué !

Je conserve mes ingrédients séparément car chacun est multi-usage

Le no-poo est aussi une expérience. Je teste puis je sélectionne le plus simple pour moi et pour les autres. 

Tiff in lyon zero dechet

Des ingrédients naturels pour la recette d’un quotidien zero dechet  

D’ailleurs le no-poo, difficile au début ?

Comme je le disais, le no-poo (no shampooing) fut une expérience quotidienne. 📆

C’est comme une détox des cheveux. Ils sont drogués au shampooing et en redemandent toujours plus en graissant. Forcément au début, les cheveux sont gras en raison du manque du produit. Mais c’est ainsi qu’ils apprennent à réguler la quantité de sébum naturellement. 

Il existe beaucoup de solutions pour ne pas ressembler à une friteuse, rassurez-vous ! Choisir sa saison peut aider, par exemple l’été, on se baigne souvent, l’hiver on porte un bonnet… sinon il y a aussi le shampooing sec alors pas d’inquiétude ! 🤗

Le boost dans tout ça, c’est de savoir que mes cheveux me le rendront en guérissant de leur addiction, que ce n’est que passager et qu’en plus, je fais un geste pour ma planète s’inscrivant dans la continuité de mes valeurs. 

Aujourd’hui, j’utilise du rassoul. On me dit que je « sens le bébé » 👶🏼, maintenant que je suis délivrée de tous ces produits. 

Tiff in lyon zero dechet

Tiff in lyon zero dechet

Le no-poo pour des cheveux en bonne santé

Quelle a été la chose la plus dure à abandonner au début ?

Je me souviens du jour où j’ai jeté ma brosse à dent. Pas comme un souvenir douloureux mais plutôt comme une renaissance. J’ai pris le défi comme un jeu. J’y suis allée à mon rythme sans me frustrer. Chaque changement se traduisait pour moi comme un « yes ! J’ai marqué un point ».

Je n’ai jamais été « en manque » de mon ancien mode de consommation. J’ai toujours été fière de mes progrès, ne les voyant que comme du positif. 👍🏼

Ma seule frustration est due à une époque où j’étais en mode zero plastique et lors de mes déplacements, je me refusais une salade pour éviter de devoir jeter son emballage. 

Ma consommation m’apporte désormais beaucoup de joie et de bonheur. Mon mode de vie a, pour moi, plus de sens maintenant qu’il s’accorde parfaitement avec mes valeurs

Le kit Zorro déchet, tu peux nous en dire plus ?

Lors de mes coachings, je parlais de beaucoup de produits. Puis je me suis dis, pourquoi ne pas faire un kit avec lesdits produits pour commencer l’aventure zero déchet ? L’intérêt était d’y mettre exclusivement des produits utiles. Il faut croire que ça a marché, mon stock est vide. 

Je ne compte pas en relancer un pour le moment. Actuellement, je me concentre sur mes interventions coaching zero dechet en entreprise qui sont mon activité principale

Tiff in lyon zero dechet

Petit aperçu d’un kit Zorro déchet

Tes proches suivent-ils ton exemple ?

Au début, lors de ma progression, j’ai une sœur qui ne voyait pas l’intérêt de faire les choses à moitié. Elle n’est toujours pas convertie mais j’y travaille ! En revanche, mes parents ont énormément réduit leur consommation de viande. 🍗

Globalement, tous mes amis ont pris le pli. Après leur avoir montré que zero déchet ne rime pas avec le cliché que l’on peut avoir d’un écolo pur et dur, et que l’on peut être une citadine comme les autres, le pas n’a plus été si difficile à franchir. Certains vont même encore plus loin que moi !

C’est bien plus facile d’en parler aujourd’hui. Il y a 5 ans mon ambition et mon mode de vie auraient été « complètement fous». 

 

Et vous? Quand est-ce que vous passez au zero déchet ?

N’hésitez pas à nous laisser un commentaire, cela nous aide et nous motive pour vous trouver toujours plus de sujets à aborder! 💪🏼

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